Christianisme >> Prières >>Prières d'humiliation

Prières d'humiliation

Si la confession est un acte, l’humiliation est plutôt un état d’âme, dans lequel on mène deuil à la suite de péchés commis. Elle se poursuit après la confession. En nous humiliant, nous jugeons le mal, ayant à son égard la même appréciation que Dieu. Nous avons des motifs constants de nous humilier dans nos prières pour nos manquements personnels, nos inconséquences, nos infidélités.

L’Éternel dit à Élie : «Vois-tu comment Achab s’est humilié devant moi ? Parce qu’il s’est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le mal en ses jours» (1 Rois 21:29). «Ezéchias s’humilia de ce que son coeur s’était élevé, lui et les habitants de Jérusalem ; et la colère de l’Éternel ne vint pas sur eux» (2 Chron. 32:26). Quand Manassé fut dans la détresse, «il implora l’Éternel, son Dieu, et s’humilia beaucoup devant le Dieu de ses pères, et le pria ; et il se laissa fléchir par lui, et écouta sa supplication» (2 Chron. 33:12, 13). «Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu» (1 Pierre 5:6). Une telle humiliation s’accompagne nécessairement du jugement de nous-mêmes devant Dieu. Ceci nous conduira, non pas à nous décourager, mais à élever nos regards vers le trône de la grâce pour recevoir du secours au moment opportun. Si nous avons des motifs personnels de nous humilier, il existe aussi des sujets collectifs d’humiliation. En vertu de la vérité fondamentale de l’unité du corps, particulièrement développée dans la première épître aux Corinthiens, tous les croyants constituent un seul corps duquel ils sont membres, de sorte que si l’un souffre, tous souffrent avec lui (12:26). C’est la raison pour laquelle nous avons des réunions d’humiliation dans lesquelles l’Assemblée mène deuil, prenant sur elle, devant Dieu, le péché d’un frère ou d’une soeur. Celui qui a commis la faute peut s’être personnellement humilié, ce qui est fort souhaitable, mais l’Assemblée doit être purifiée de la souillure qui est dans son sein, car la confession du coupable ne peut suppléer à l’action de l’Assemblée. Le mal au milieu d’elle est incompatible avec la sainteté qui la caractérise. Elle en est solidaire et doit le confesser, s’en humilier et en être purifiée, travail pouvant nécessiter le retranchement de celui qui porte le caractère de méchant. L’ôtant du milieu d’elle, elle se montre pure dans l’affaire (2 Cor. 7:11).
Lorsqu’une telle discipline est exercée en Assemblée, il est indispensable qu’elle soit précédée d’une réunion d’humiliation. Cette importante vérité nous est démontrée en type dans le péché d’Acan (Josué 7).
Un seul homme avait vu, convoité, toutefois, le peuple entier est coupable. Le verset 11 est très frappant : «Israël a péché, et même ils ont transgressé mon alliance que je leur avais commandée, et même ils ont pris de l’anathème, et même ils ont volé, et même ils ont menti, et ils l’ont aussi mis dans leur bagage». Qu’est-ce qui fit revenir l’Éternel de l’ardeur de sa colère ? C’est le fait d’ôter le mal. «Et tout Israël le lapida...». (v. 25).
L’ensemble du peuple s’associe à cet acte de purification. Son affliction et la réalisation de la gravité du mal produisent l’énergie pour agir, car l’humiliation et l’action vont de pair. Nous citons un cas extrême, mais rappelons-nous qu’il y a toujours lieu de nous humilier dans nos réunions de prières habituelles en constatant l’abandon si facile du rassemblement, le développement de la mondanité, le manque croissant de besoins spirituels, et tant d’autres choses encore. La Parole nous enseigne aussi que la conscience de notre identification avec les faiblesses de l’ensemble nous conduit à les porter sur nos coeurs, nous en humiliant aussi dans nos prières personnelles.
​​​​​​​C’est là un autre aspect de la même vérité. Nous ne citerons qu’un cas mentionné dans les Écritures, celui d’Esdras qui, dans la solitude, son manteau et sa robe déchirés, pleurait et menait deuil sur les péchés du peuple, lequel s’était allié par mariage à des femmes étrangères au peuple de Dieu. Il peut dire dans son humiliation : «Je suis confus, et j’ai honte de lever ma face vers toi, ô mon Dieu, car nos iniquités se sont multipliées par-dessus nos têtes» (9:6). L’attitude de cet homme pieux toucha la conscience du peuple coupable, de sorte qu’il se rassembla une très grande congrégation qui, dans les pleurs, confessa son péché et fut par cela animée de l’énergie nécessaire pour se séparer du mal.
Soyons préservés d’indifférence en constatant la ruine de l’Église et nos infidélités qui ternissent le témoignage, mais qu’au contraire l’ardent désir de la gloire du Seigneur et l’amour pour les siens nous conduisent à souffrir d’un tel état de choses, le portant avec humiliation sur nos coeurs devant Dieu par nos prières individuelles, implorant ses grandes compassions sur ce qui est appelé de son Nom (voir Dan. 9:17-20).
Après avoir énuméré de nombreux caractères des prières par lesquelles nous exposons nos requêtes à Celui qui peut répondre à tous nos besoins, il est bienfaisant de considérer brièvement les diverses actions par lesquelles nos bouches sont ouvertes pour offrir à Dieu, par le Seigneur Jésus, ce qu’il est en droit d’attendre de ceux qui sont les objets de son amour. Nous ne saurions présenter, dans nos prières, quoi que ce soit d’agréable, qui ait sa source en nous-mêmes.
Le fruit des lèvres qui lui est agréable est tout premièrement la confession du nom de son Fils bien-aimé, comme aussi ce que sa grâce a produit en nous (Héb. 13:15). «Ouvre ta bouche toute grande, et je la remplirai» (Ps. 81:10).

Toutes les prières : Prières d'humiliation